dimanche 7 octobre 2007

France Culture

Plusieurs bonnes raisons de mémoriser la fréquence de France Culture sur votre autoradio.

D'abord, tu captes partout. Tu peux faire Paris-Metz en voiture sans toucher une seule fois au poste, jamais ça ne grésille, même pas sous les lignes haute-tension. Va donc faire ça avec RTL2, Cherie FM ou même Nostalgie.

Autre raison: la qualité des émissions. Pour preuve ce soir, j'ai passé une belle heure ave Jean d'Ormesson, en twingo mais comme à la maison pourtant.


Ce mec est génial. Si c'est un écrivain (j'avoue ne jamais avoir lu une seule de ses lignes), il est avant tout un séducteur, un dandy. Je parie qu'il cire les semelles de ses chaussures, il brille et de partout, même du bas.

C'est le seul lascar que j'ai vu séduire ma grand-mère. Une intervention à la télé et l'affaire était dans le sac. Certes, il porte le même prénom que mon défunt grand-père, mais ça ne peut pas tout expliquer. Niveau romantisme, il est au top et se trouve en cela à l'opposé de mon papy.

Oui, mon papy laissait volontiers 100 francs (pfoua le coup de vieux) de pour-boire à un serveur mais coupait le chauffage en rentrant... Pas top.

Jean d'Ormesson parle bien donc. Quelques mots, des sourires et un seul regard. Bleu. Et clair en plus. "Il parle bien. Et il est marrant." Quand ma grand-mère a laissé échapper ce commentaire, les joues rouges et les yeux qui brillent, j'ai tout de suite compris que "Jean" était comme chez lui chez elle. Le bougre, il est fort.

Et hônnetement, ce soir, en une heure seulement, il m'a donné envie de lire les Mémoires d'Outre-tombe de Chateaubriand. Si ça c'est pas la classe internationale...

Pour cause de grosse fatigue, ce billet s'arrête là, en plein milieu de mon raisonnement.

Un seul bisou sur la joue. Tendre. Bonne nuit.


1 Comments:

At 10 octobre, 2007 21:54, Anonymous Anonyme said...

Pas besoin de le lire ...je l'ai fait... et c'est tres chiant. N'en deplaise a Jeannot.....

Les Mémoires d'Outre-Tombe sont divisés en quatre parties. La première, " La jeunesse ", va de 1768 à 1800. C'est de loin la meilleure, la plus pittoresque et la plus émouvante. Chateaubriand nous y trace, en tableaux inoubliables, les étapes de sa jeunesse : la naissance (" le mugissement des vagues étouffa mon premier cri, le bruit de la tempête berça mon premier sommeil ") ; les sinistres soirées de Combourg, son isolement dans son donjon, ses promenades mélancoliques, son affection pour sa soeur Lucile.
Puis il est lieutenant à Paris, il est présenté à la cour, fréquente les gloires littéraires, se risque à publier un petit poème, une médiocre idylle, Amour de la campagne. Il assiste ensuite aux débuts de la Révolution et, par un de ces coups de tête soudains, qui lui avaient déjà fait envisager le sacerdoce puis le suicide, il se découvre explorateur. Il se proposait à la fois de trouver en Amérique le fameux passage du Nord-Ouest et d'y rencontrer " l'homme de la nature ". Il ne découvrit pas l'un, mais crut avoir trouvé l'autre ; la véritable révélation de ce voyage, ce fut la splendeur des paysages américains, dont l'évocation nous vaut des pages d'une grande beauté poétique.
Puis c'est le retour à Paris, son mariage, les deuils familiaux, son passage à l'armée des Princes, enfin le séjour à Londres et la misère. C'est là cependant qu'il commence à écrire ses premières oeuvres : l'Essai historique, politique et moral sur les révolutions et Atala.
La seconde partie est consacrée à " La carrière littéraire", 1800-1814. Les passages les plus justement fameux sont ceux qu'il consacre aux portraits de ses amis, Joubert, Fontanes, Pauline de Beaumont, son entrevue avec Bonaparte dont il aime à montrer qu'il le traitait de puissance à puissance, sa rupture retentissante avec lui à la suite de l'assassinat du duc d'Enghien, ses années laborieuses à la Vallée-aux-Loups, ses voyages. La véritable histoire de Chateaubriand, à cette époque, est celle de ses livres : dès Atala et le Génie du Christianisme, il est célèbre et sa gloire ne cesse de grandir.
Avec la troisième partie, qui coïncide avec le retour des Bourbons, " La carrière politique ", 1814-1830, commence. Chateaubriand se lance immédiatement dans l'arène avec son pamphlet De Buonaparte et des Bourbons, qui, dit-il, " a plus profité à Louis XVIII qu'une armée de cent mille hommes " ; mais il passe bientôt dans l'opposition avec son écrit la Monarchie selon la Charte. Sa véritable carrière politique est brève, elle ne dure que six ans : il est successivement ambassadeur à Berlin, ambassadeur à Londres, représentant de la France au Congrès de Vérone, enfin ministre des Affaires étrangères. En lisant les Mémoires, on a l'impression qu'il fit trembler l'Europe et que son ministère dura fort longtemps ; en fait, il n'occupe ce poste que deux ans.
En 1823, il reparaît sur la scène politique et devient ambassadeur à Londres (ici se place le parallèle entre le pauvre émigré de 1800 et le glorieux ambassadeur de sa Majesté très chrétienne, où Chateaubriand fait preuve de la vanité la plus puérile). La Révolution de 1830 met définitivement un terme à ces activités. Cette date marque également le ralentissement de sa production littéraire. Chateaubriand n'a plus grand-chose à dire, il ne publie plus de grandes œuvres, il ne s'occupe que de les rassembler pour éditer ses Œuvres complètes. Fidèle à Charles X, il va voir le roi exilé, se compromet en se chargeant de missions que lui confie la duchesse de Berry, prisonnière du gouvernement de Louis-Philippe, ce qui lui vaut d'être mis en prison. Il voyage encore en Suisse et en Italie. mais c'est la vieillesse pour lui, parfois même la gêne, malgré l'admiration dont on l'encense. Il se donne entièrement à l'achèvement de ses Mémoires et en donne lecture à l'Abbaye-aux-Bois, chez madame Récamier.
Les Mémoires s'achèvent sur une récapitulation de sa vie, où il se plaît à souligner les contrastes : la gloire et la misère, la foule qui l'entoure et la solitude, la place qu'il a occupée dans le monde et dans le temps : " Je me suis rencontré entre deux siècles comme au confluent de deux fleuves ", " On dirait que l'ancien monde finit et que le nouveau commence ". Partout il a promené cette âme mélancolique et insatisfaite, à qui les honneurs étaient nécessaires, mais incapable de s'en contenter, cette âme, qui était, comme il le dit lui-même, " de celle qu'un philosophe ancien appelait une maladie sacrée ".

Voila tu as lu les memoires d'outre tombe.

 

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