mardi 10 février 2009

Samedi, dans le TGV Est

Samedi dans le TGV Est : triste constat dans mon carré. Une maman quadragénaire aux traits tirés en face de moi, un papy marocain chic comme un nabab en diagonale et une jeune femme que je peux difficilement décrire puisqu'elle est assise à ma droite, hors de mon champ de vision. Tout pour se faire chier a priori, mais c'était sans compter sur la petite tête blonde assise dans le carré opposé, de l'autre côté du couloir.

La petite fille, 6 ou 7 ans à mon avis, portait fièrement sa frange. Sa maman avait sûrement vu ça dans Cosmo et s'était dit : "Viens chérie, on va chez le coiffeur!" La frange avait cet avantage d'être à la fois à la mode, mais aussi un bon moyen de cacher ce front assez grand, sans être moche toutefois. Il s'y cachait derrière un esprit vif et bien construit, prêt à élaborer des concepts enfantins mais totalement pertinents, bref, un véritable cauchemar pour professeur des écoles. Ses cheveux longs et blonds étaient attachés selon le principe - vieux comme le monde je crois - de la queue de cheval, et chaque hochement de tête était l'occasion d'une ruade capillaire. Ses petits yeux marrons te souriaient à la gueule et pleuraient la malice et la vivacité.

A l'opposé de cette présence qu'elle dégageait, il y avait moi. Opposé tant "géographiquement" puisque je suis pile poil de l'autre bord du train, que dans l'attitude: scotché à la fenêtre, je regarde le paysage défiler, hypnotisé, que même Tatayé il vend plus de rêve. Les chahuts de la petite diablotine ne sont qu'un bruit de fond rassurant.

Pour la calmer, son père essaie d'attirer son attention sur l'extérieur: "Regarde! Un chasseur!". La petite bloque. Après quelques instants, elle annonce la couleur: "S'il glisse, son arme peut tirer et me tuer d'un seul coup."

Pour le coup, c'est à Papa que tu viens de mettre une balle entre les deux yeux. Il regrette, c'est sûr. Un pêcheur aurait sûrement fait une meilleure affaire. Mais Papa a pris ce qu'il avait sous la main, et là, c'était un chasseur dans un champ qui , s'il glisse, pouvait donc tuer sa fille. Dire ça à 7 ans avec le sourire, quand on pratique encore la récréation... Paradoxe, quand tu nous tiens.

Comme il faut bien passer à autre chose, Papa encourage sa fille à dessiner. Les feutres dans la main droite, la main gauche pour caler la feuille Canson; c'est ti-par pour une série de figures géométriques. Et maintenant que nous avançons à 300 km/h sous une neige battante, rares seront les occasions de trouver un sujet de discussion en rase campagne.

Papa choppe un feutre et commence à faire carré, croix, ovale et triangle. L'occasion d'un dialogue délicieux:

Elle: "Mais non Papa! il faut reproduire les formes que tu vois sur l'autre page."
Lui: "Ah bon? d'accord."

...2 secondes de silence...

Elle: " Papa?"
Lui: "Oui ma chérie?"
Elle: "C'est chaud pour tes fesses là!"

Lovely.

Définitivement conquis, j'ai pris les références du modèle, on sait jamais, ça peut éventuellement servir un jour. Ca me rappelle que j'ai pris le train avec Sophie Marceau la dernière fois. Je ne vous ai pas raconté encore? J'y remédierai un jour.

4 Comments:

At 11 février, 2009 02:54, Blogger princessssse said...

Anthony Zimmer?

 
At 11 février, 2009 20:41, Blogger Jérôme said...

Au moins aussi glamour et sensuel que le film...

 
At 11 février, 2009 21:33, Blogger Aurel said...

Ce TGV semble être pour toi une source inépuisable d'inspiration !!

 
At 12 février, 2009 02:12, Anonymous Anonyme said...

enorme Le c est chaud pour tes fessed.ahahaha.pensee pour toi ce we sortie en motoneige.jpensais toi ki voulait en faire.ca envoie du bois Le machin

Gros G

 

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